humeur·nostalgie

Celui qui m’a aimé…

J’avais 16 ans à l’époque. Lui 27. Je sais, ça peut paraître bizarre. C’était un artiste. Un musicien. Un homme grand et fin, délicat et sensible.

Je ne me souviens plus très bien comment ça a commencé entre nous. Je me souviens de notre premier rendez-vous. Le stress avant d’y aller, son sourire face à ma nervosité, l’odeur du bar à chichas, le gout du thé, lui assis à coté de moi. Je me souviens de sa démarche particulière. De sa voix. De sa façon de me regarder. De son couple…

Je me souviens de la première fois qu’il m’a embrassé, après un concert, dans le jardin où on s’était isolé pour fumer. Je me souviens de son odeur, de son regard perdu juste après, de ses doutes…

Il m’appelait sa muse. Il me chantait parfois une chanson de Noir Désir, parce qu’il trouvait qu’elle nous correspondait bien. Il m’appelait sa Fleur du Mal… Je l’inspirais et le torturais.

Je le revois, quand on se baladait ensemble, m’attirer vers lui dans les ruelles cachées pour m’embrasser parce qu’il ne tenait plus. Je le sens encore me serrer dans ses bras. Toujours très fort, comme si c’était la dernière fois qu’on se voyait. Nous vivions une passion. La passion. Celle dont les artistes ont le secret. J’étais la petite étincelle dans sa vie et lui mon premier amour.

Mais je l’aimais à ma façon, avec ce besoin de me protéger. Avec mes distances et mes élans romantiques. Avec ma pudeur d’adolescente. Avec ma façon de l’attirer puis de le rejeter. Lui m’aimait vraiment. De cet amour qui vous tourmente. Celui qui brûle. Celui qui fait mal.

Du mal, je lui en ai fait. J’ai cette image de lui, devant ma porte, les yeux pleins de tristesses et de questions, prêt à partir. Il me regardait. Il hésitait encore. Il me serrait dans ses bras, avec encore plus de force qu’à son habitude. Parce que cette fois, c’était fini. On mettait un terme à cette histoire. On savait que ça arriverait. Il ne supportait plus ma froideur. Je ne supportait plus d’être l’autre femme.  A 17 ans, on ne souhaite pas ce genre de relation… Je refermais la porte derrière lui et le fixais par le judas. Il pleurait et tournait en rond… Puis, après un dernier regard vers ma porte, il est parti…

Il l’aime…lorsqu’il la tenait fort dans ses bras, et qu’il sentait son corps tout entier s’ouvrir à la moindre de ses respirations, il ne se rendait pas compte a quel point… […] 

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