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L’heure du bilan…

Ça a commencé il y a environ un an. Je me suis séparée, ma patronne ne me payait plus, j’ai entamé une procédure aux prud’hommes qui a duré tout l’été, j’ai pioché tout le pognon que j’avais mis de coté, j’ai perdu 7 kilos et je ressemblais à un os, (ou un pain sucé comme disait Fifou!), ma mère pensait que j’étais devenue anorexique… mais je n’ai pas craqué, j’ai tenu le coup. Je pensais qu’à tout moment j’allais exploser, péter une durite, craquer mentalement, moralement, physiquement… Mais j’ai tenu bon. Parce que Dum Spiro, Spero… traduisez Tant que je respire, j’espère. Et c’est pour ça que je me suis accrochée: l’espoir. L’espoir fait vivre. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir… Je me suis accrochée et j’ai obtenue gain de cause, j’ai récupéré mon argent mais pas ma confiance en moi.

Professionnellement, je me cherchais. Sentimentalement, je cherchais aussi mais aux mauvais endroits… J’ai changé mille fois d’avis sur mon orientation professionnelle, j’ai eu des idées mais on me disait que c’était une voie « bouchée ». Tout ce que j’ai voulu entreprendre est tombé à l’eau avant d’avoir pu exister ailleurs que dans ma tête. Parce que des idées, j’en avais plein. Mais il semble qu’elles étaient toutes mauvaises ou vouées à l’échec.

En octobre, j’ai fêté mes 25 ans… Pendant une semaine pour marqué le coup! Faire la fête, c’était un moyen de ne pas penser au fait que, depuis mes 16 ans, je cherchais ce que j’allais faire de ma vie… J’avais 25 ans, j’étais célibataire, sans emploi et surtout, sans plan de carrière…

En novembre, j’ai perdu un proche. Mon oncle. Il n’était pas si vieux que ça, il était à la retraite depuis peu, il avait passé sa vie à travailler dur et c’est un cancer qui l’emportait… Du jour où il est rentré à l’hôpital, j’avais peur quand ma mère m’appelait parce que je savais qu’à tout moment, on allait m’annoncer une mauvaise nouvelle. La dernière fois que je l’ai vu, il était dans son lit d’hôpital, trop faible pour parler. Trop faible pour respirer seul. Je l’ai embrassé une dernière fois, il a serré ma main et quelques jours plus tard, il est parti. J’étais choquée et j’ai remis la vie entière en question… Travailler toute sa vie, passer le plus clair de son temps au boulot pourquoi? Pour finir ronger par une maladie sans avoir le temps de profiter… Alors j’ai profité. Je suis sortie, presque tous les soirs, parce qu’après, ce sera trop tard… On dormira quand on sera mort…

Je m’en suis remise parce qu’on s’en remet toujours au bout d’un moment. Une fois le choc passé, on y pense encore mais on arrive à prendre sur soi. Et puis en décembre, un soir où j’étais avec des amies (et heureusement d’ailleurs…) mon père m’a appelé, m’a demandé si j’avais eu mon demi-frère au téléphone. Comme j’ai très rarement mon demi-frère au téléphone, pour ne pas dire jamais, ça m’a mis la puce à l’oreille, il y avait quelque chose qui clochait. Je suis partie m’enfermer dans la salle de bain… Et la nouvelle est tombée: « B. s’est suicidé ». B. c’était le mec de mon demi-frère, c’était mon beau frère. Il avait mon âge. J’avais de suite accroché la première fois où je l’avais rencontrer, à Pâques. Il était sociable, souriant, jeune, beau, intelligent, serviable, toujours de bonne humeur, toujours prêt à faire la fête… Et il avait décidé de renoncer à la vie… Pour lui, l’espoir n’était plus suffisant… Et personne ne se doutait qu’il choisirait cette option… Le choc…

J’avais donc décrété que 2012 était une année pourrie, après tout, c’était annoncé, 2012: l’année de la loose! On était en plein dedans. Mais, je gardais espoir pour 2013.

31 décembre, il fallait absolument que je fête la fin de cette année médiocre, que j’enterre 2012 et que je commence bien la suivante. Grosse fête, beaucoup d’alcool et des amis. L’année commençait bien et je ne finissais pas la nuit seule… Pleine d’espoir, j’ai cru que ma vie allait rentrer dans l’ordre. J’ai cru que lui et moi on allait commencer quelque chose de bien… Mais non. Et c’était la déception de trop. Quand j’y repense, je me dis que j’ai tellement voulu, tellement cru que tout rentrerait dans l’ordre parce qu’on avait changé d’année (oui je sais c’est stupide…) que c’est pour ça que j’ai eu de la peine. Des mecs comme ça j’en ai connu plein, alors un de plus ou un de moins ça changeait quoi? Mais à cette période, même si je ne voulais pas me l’avouer, même si je prenais sur moi, j’étais fragile.

C’est après cet épisode que j’ai craqué et que je me suis envolée pour la Thaïlande… 15 jours au paradis, déconnectée du monde, ne plus penser aux problèmes, ne plus penser à rien… Oublier les mauvais cotés de la vie… Voir le monde autrement. Se retrouver. Je suis rentrée avec une idée, un projet, j’y ai cru, encore une fois… Mais encore une fois, l’idée était belle dans ma tête mais pas réalisable dans la vraie vie…
Et puis j’avais chopé une saloperie, un truc pré cancéreux, on m’a opéré et c’était fini. Je ne l’ai dit à presque personne. Pour ne pas inquiéter ma mère, je ne lui en ai parlé qu’après l’opération. Elle m’a engueulé forcément. C’est mon coté control freak, je veux tout gérer seule. Mais il arrive un moment où on réalise que ce n’est pas possible et qu’on a le droit de demander de l’aide. C’est un concept que j’ai du mal à intégrer…
La suite, vous la connaissez, j’ai rencontré quelqu’un, j’y ai cru, ça a foiré. J’ai failli avoir un boulot, ça a foiré aussi…

A l’heure qu’il est, j’ai fait un petit bilan de l’année écoulée. Ça fait un an que je galère sur tous les plans, ça fait un an que je ne sais pas trop où je vais, que je me pose des questions, que j’essaie de comprendre, que j’essaie de trouver ma voie…
A l’heure qu’il est, j’ai compris que professionnellement, je veux être utile, je veux aider, je veux apporter quelque chose, je veux contribuer au bien être de ceux qui ont de vrais problèmes. Est ce que je vais encore rencontrer des obstacles? Certainement… Mais je vais m’accrocher, parce qu’un jour la roue va bien finir par tourner.
A l’heure qu’il est, j’ai rencontré quelqu’un qui me plait, avec qui je passe des bons moments, avec qui je suis naturelle, avec qui je rigole (avec qui je fais des tours en voiture et des soirées improvisées le jeudi soir! ^^). A l’heure qu’il est, je ne sais pas ce qu’on est, je ne sais pas ce que ça donnera, je ne sais pas où l’on va, mais je sais que je l’apprécie. On se découvre, on apprend à se connaitre et on verra bien où ça nous mènera…
A l’heure qu’il est, je garde espoir et quand je le perd, quand j’y crois plus, quand je craque, quand je me perd, j’ai une inscription sur mon bras qui me rappelle que tant que je respire, j’espère. Alors je respire un grand coup et j’avance. Et quand ça ne suffit plus, je sais que j’ai une famille et des amis sur qui je peux compter, chez qui je peux me réfugier, avec qui je peux me lâcher… Et d’ailleurs, je tiens à les remercier, ils se reconnaitront… ❤ (ceci est un cœur, je précise parce que moi ça me fait penser à autre chose!)

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